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Bernardo Bertolucci – Le Conformiste – 1970

Le Conformiste

Satire politique de Bernardo Bertolucci, 1h55, Italie, 1970

Adaptée du roman d’Alberto Moravia

avec Jean-Louis Trintignant, Stéphanie Sandrelli et Gaston Moschin

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Synopsis : Depuis son enfance, Marcello est hanté par un meurtre qu’il croit avoir commis. En quête obsessionnelle de rachat, il s’efforce de se conformer à ce qu’attendent la société italienne, l’Église et le régime de Mussolini. Fasciste par conformisme, il accepte de retrouver et d’espionner, pour le compte du parti, son ancien professeur de philosophie, dirigeant antifasciste en exil à Paris. On lui ordonne bientôt de supprimer sa cible…

Notre avis : En plus d’une analyse psychologique extrêmement prenante, Le conformiste est doté d’une esthétique rare. Bertolucci marque une vraie différence entre l’Italie fasciste et la France du Front populaire. Après le gigantisme mussolinien, ses décors vides baignés d’une lumière froide; on respire enfin à Paris, dans des scènes d’extérieurs ou dans une atmosphère plus lumineuse, telle la scène d’amour en train sous un soleil couchant ou la scène de bal.

 Notre invité : Michel Etcheverry, notamment auteur de l’ouvrage Cent ans d’aller au cinéma, viendra partager avec nous son éclairage sur le film.

 

 

Luchino Visconti – Senso – 1954

Senso

Drame italien de Luchino Visconti, 1h58 Italie, 1954
avec Farley Granger, Alida Valli…

Synopsis
En 1866, Venise est sous le joug de l’occupant autrichien. La comtesse Livia Serpieri s’oppose avec vigueur à cette mainmise étrangère, jusqu’au jour où elle s’éprend violemment d’un jeune lieutenant autrichien. Une histoire d’amour passionnelle et cruelle s’ensuivra, sur fond de guerre d’indépendance…

Notre avis
Un film flamboyant et opératique, un des plus beaux de Luchino Visconti, qui mêle la petite et la grande Histoire, avec en toile de fond le crépuscule d’un monde. Cette pièce-maîtresse du cinéma italien, et même du cinéma mondial, a autant marqué les mémoires par sa force mélodramatique que par ses qualités picturales et musicales.

Notre intervenante
Laurence Schifano est professeur d’Études cinématographiques à l’Université Paris Ouest-Nanterre La Défense. Elle est notamment l’auteure d’un ouvrage de référence sur le cinéaste italien, Visconti : Une vie exposée, dont l’édition Folio revue et augmentée est parue en 2009.

 

 

Michael Powell – Le Narcisse Noir – 1947

Le Narcisse Noir

Drame de Michael Powell & Emeric Pressburger, 1h40, GB, 1947

avec Deborah Kerr, David Farrar, Kathleen Byron, Sabu, …

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Synopsis : Cinq sœurs anglicanes sont envoyées dans le palais himalayen de Mopu, ancien harem perché au-dessus d’un précipice, pour y établir un dispensaire. L’agent anglais Dean, inséré dans la communauté locale, est chargé de les aider. Sa présence et l’atmosphère du lieu troublent l’esprit des nonnes.

Notre avis : Adapté du roman éponyme de  Rumer Godden, Le Narcisse Noir signe une nouvelle collaboration du fameux tandem Powell-Pressburger. Plastiquement, ce film constitue probablement leur chef-d’oeuvre, les couleurs flamboyantes du Technicolor de Jack Cardiff alliées aux décors presqu’irréels d’Alfred Junge créant une atmosphère envoûtante.

Romanesque et sensuel, presque fantastique, ce film se veut également une réflexion sur l’altérité; il a également donné lieu à des interprétations politiques. L’un des films de chevet de Martin Scorsese, Bertrand Tavernier, et tant d’autres.

 Notre invité : Michel Etcheverry, spécialiste du cinéma anglo-saxon, est notamment auteur de l’ouvrage « Cents ans d’aller au cinéma ».

 

 

Satyajit Ray – Charulata – 1964

Satyajit Ray

Satyajit Ray (1921-1992) est un réalisateur, écrivain et compositeur indien. Né à Calcutta dans une famille, Satyajit Ray est très tôt confronté à la littérature par son père, poète bengali reconnu.

Intéressé par le cinéma, il ne se lance dans la réalisation qu’à la suite de sa rencontre décisive avec Jean Renoir sur le tournage du Fleuve.

Au cours de sa vie, il a réalisé 37 films, dont plusieurs seront distingués.

On peut notamment évoquer:

  • la trilogie d’Apu (La complainte du sentier (1955), L’invaincu (1956), Le monde d’Apu (1959))
  • le salon de musique (1959)
  • La grande ville (1963)
  • Charulata (1964)

Charulata

charulata 604x410 charulata-1200x839Synopsis : À la fin du XIXème siècle, Bhupati est un homme jeune et riche, accaparé par son travail. Il dirige un hebdomadaire politique et délaisse sa femme, Charulata. Se rendant néanmoins compte de la solitude de sa femme, il charge son cousin Amal, d’aider Charulata à se divertir et à exploiter sa passion pour la littérature. Petit à petit, Charulata va se prendre d’affection pour Amal et se retrouver bouleversée par l’irruption de nouveaux sentiments…

Notre avis : Après la Grande Ville en 1963, Satyajit Ray signe une nouvelle fois un film centré sur une femme, dont les sentiments et la personnalité bousculent l’ordre social. Face à elle, Bhupati et Amal personnalisent les choix contradictoires qui se présentent à elle. De même que pour la Grande Ville, Satyajit Ray obtint pour Charulata l’ours d’argent au festival de Berlin.

 

Prima della Rivoluzzione

Film de Bernardo Bertolucci, 1h55, 1964

Avec Francesco Barilli et Adriana Asti

Synopsis: Inspiré de La chartreuse de Parme, Prima della Rivoluzione raconte la désillusion intime et politique de Fabrizio, jeune bourgeois indécis et cynique qui découvre les idées marxistes au travers de son ami instituteur Cesare et tombe amoureux de sa tante Gina, créature névrosée entourée d’amants

Notre avis: Assistant de Pasolini sur Accatone, Bertolucci réalise Prima della rivoluzzione, son deuxième film, à l’âge de 22 ans. Il y fait preuve d’une intuition esthétique qui donne un caractère d’avant-garde à ce film à la fois œuvre poétique et manifeste politique qui dit beaucoup de son époque : racisme, nouvelle vague, guerre d’Algérie…

Notre intervenant: Rédacteur en chef de L’avant-scène cinéma et spécialiste du cinéma italien René Marx est aussi critique et professeur de cinéma ; il est également traducteur de nombreux ouvrages dont « Mon obsession magnifique: Ecrits, souvenirs, interventions », le dernier livre de Bernardo Bertolucci paru en 2015.

La grande illusion

Fiction de Jean Renoir, 1h54, France, 1937

Avec Jean Gabin, Pierre Fresnay, Eric Von Stroheim

 Synopsis : Pendant la guerre de 14-18, des officiers français sont faits prisonniers. Une relation d’amitié particulière se noue entre le capitaine de Boëldieu et son ennemi le commandant von Rauffenstein, tous deux issus de la vieille aristocratie européenne.

 Notre avis : En montrant que le nationalisme sépare moins les hommes que leurs différences de classe, Renoir fait de ce film un manifeste pacifiste. Là où Hollywood aurait conté une histoire bien menée de « grande évasion », Renoir se concentre sur les personnages et les idéaux qu’ils véhiculent. Aux combats, le cinéaste préfère la guerre des mondes et des classes.

Chantal Akerman – La folie Almayer – 2009

La folie Almayer

 

Film de Chantal Akerman, 2h07, France, Belgique, 2012

Avec Stanislas Merhar, Aurora Marion et Marc Barbé

Synopsis : Chantal Akerman adapte librement le roman éponyme de Joseph Conrad en en gardant l’essentiel : quelque part en Asie du Sud-Est, loin de tout, au bord d’un fleuve tumultueux, un Européen, Almayer, s’accroche à ses rêves de fortune par amour pour sa fille. Berné par les promesses de fortune d’un riche capitaine, il sombre dans la folie quand il lui faut, pour la seconde fois, laisser partir sa fille.

Notre avis La Folie Almeyer, dernier film de Chantal Akerman sorti en salle, est une histoire de passion, de perdition, de folie mais surtout l’occasion de rendre hommage à cette grande réalisatrice belge, partie il y a à peine quelques semaines. Auteur d’une œuvre incandescente, pionnière, travaillée en profondeur par des questionnements intimes et historiques, Chantal Akerman filme l’angoisse, comme jamais ; l’angoisse dont elle faisait d’elle-même, de sa belle voix rocailleuse, la description dans Là-bas, nous rappelle Jérôme Momcilovic : « je ne me sens pas appartenir, je suis déconnectée de presque tout, j’ai quelques points d’ancrage et parfois je les lâche ou ils me lâchent, et alors je flotte à la dérive ».

Notre invité : Le film sera présenté par Jérôme Momcilovic, journaliste et critique de cinéma. Il collabore notamment au magazine Chronic’art depuis 2006, enseigne au sein de l’ESEC (Ecole Supérieure d’Etudes Cinématographiques) et a rejoint en 2009 le comité de sélection du festival international du film de Belfort.

 

 

George Cukor – The Women – 1939

George Cukor

George Cukor est né en 1899 à New York et est mort en 1983 à Los Angeles. Il est l’auteur de bon nombre de chefs d’œuvre, parmi lesquels on peut notamment retenir My Fair Lady (Oscar du meilleur réalisateur en 1965), The Women (1939) , The Philadelphia Story (1940) ou encore Adam’s Rib (1949).

Il commence sa carrière comme metteur en scène de théâtre à Broadway avant de rejoindre Hollywood. Ses premiers films sont des coréalisations. Dans la lignée d’un Ernst Lubitsch avec lequel il coréalisa One hour with you (1932), il se spécialise dans la comédie légère. Il fera éclater le talent de Katherine Hepburn (recordwoman du nombre d’Oscars: 4 à son actif!), notamment dans la série des comédies de couple avec Spencer Tracy.

Sous sa direction, 21 acteurs et actrices différents seront nominés aux Oscars. Lui n’en remportera qu’un pour My Fair Lady.

The Women

The Women (Femmes) a été réalisé en 1939. L’histoire oppose une épouse à la maîtresse de son mari et c’est ainsi que Norma Shearer affronta Joan Crawford pour la première fois à l’écran. Toutes les deux étaient des stars de la MGM et une forte rivalité régnait entre elles. Norma Shearer était la femme d’Irving Thalberg, producteur bras droit de Louis B. Mayer, à la tête de la MGM. Et pendant plus de dix ans, Joan reprocha à Norma Shearer de profiter de ce statut spécial d’épouse de Thalberg pour obtenir les plus beaux rôles de la MGM.

Synopsis : Marie Haines, épouse et mère heureuse, voit son univers vaciller quand une rumeur concernant l’infidélité de son mari se fait de plus en plus pressante. Confrontée à la maitresse supposée, elle doit se rendre à l’évidence. Elle décide alors de divorcer : le début d’un long périple ponctué de multiples rencontres qui lui permettront de comprendre ce qu’elle désire vraiment.

Notre avis : Film magnifique de George Cukor, qui n’y réunit que des actrices, comme un hommage à la gent féminine. Le casting ne compte pas moins de 3 actrices qui avaient ou allaient gagner un Oscar! Plongé dans un monde où les amitiés sont aussi solides et belles que peuvent être violentes et cruelles les inimitiés, le spectateur est aux premières loges pour observer l’Amérique bourgeoise de l’entre-deux guerres à travers un spectre peu courant. Il en ressort amusé et avec un large sourire aux lèvres.

Détails: le générique du film commence par la présentation des principaux personnages à travers un morphing partant d’un animal représentant le trait de caractère principal du personnage en question. Un procédé repris par François Ozon dans  8 Femmes, en substituant des fleurs aux animaux.

Sidney Lumet – 12 hommes en colère – 1957

Sidney Lumet

Sidney Lumet (1924-2011) est un réalisateur américain qui a réalisé une cinquantaine de films, parmi lesquels notamment 12 hommes en colère (12 angry men), un après-midi de chien (dog day afternoon) ou encore Serpico.

Plusieurs fois nominé aux oscars, il remporte un oscar d’honneur en 2005.

Le film sera présenté par Anne-Marie Paquet.

12 hommes en colère

Un film de Sidney Lumet (1924-2011), sorti en 1957 avec Henri Fonda (1905-1982).

  • 12 Hommes en Colère - Sidney Lumet

Un jeune homme d’origine modeste est accusé du meurtre de son père et risque la peine de mort. Le jury composé de douze hommes se retire pour délibérer et procède immédiatement à un vote : onze votent coupable, or la décision doit être prise à l’unanimité. Le juré qui a voté non-coupable, sommé de se justifier, explique qu’il a un doute et que la vie d’un homme mérite quelques heures de discussion. Il s’emploie alors à les convaincre un par un.

Plus de détails ici ou ici.