Paroles de réalisateurs…

Sur le cinéma

Le cinéma selon Jean-Luc Godard (citation de Michel Mourlet, attribuée à André Bazin dans la première scène du Mépris ).

Le cinéma substitue à notre regard un monde qui s’accorde à nos désirs.

Le cinéma selon François Truffaut (Fernand – François Truffaud – à Alphonse -Jean-Pierre Léaud- dans La nuit américaine ).

Ecoute Alphonse : viens, tu vas rentrer dans ta chambre, tu vas relire le scénario, tu vas travailler un peu et tu vas essayer de dormir. Demain, c’est le travail. Et le travail est plus important. Ne fais pas l’idiot Alphonse. Tu es un très bon acteur, le travail marche bien. Je sais, y’a la vie privée mais la vie privée elle est boiteuse pour tout le monde. Les films sont plus harmonieux que la vie. Il n’y a pas d’embouteillage dans les films, pas de temps mort. Les films avancent comme des trains, comme des trains dans la nuit.

Le cinéma et émotions selon Woody Allen.

L’essence du cinéma est de fournir aux gens une sorte de tremplin pour les conduire à percevoir des émotions qu’ils ignoraient porter en eux

Le cinéma selon Geoge Cukor.

Le cinéma, c’est comme l’amour, quand c’est bien, c’est formidable, quand c’est pas bien c’est pas mal quand même

 

Sur leurs films

Jacques Tati sur ses films, le rire, son personnage.

Mes films ressemblent moins à des films qu’à des fenêtres ouvertes. Si vous les regardez attentivement, vous n’y verrez ni une succession de gags ni une occasion de se bidonner, mais plutôt la vie proprement dite.

Le rire que je préconise, c’est celui qui naît de l’observation des choses de la vie.

Bien sûr, Hulot, c’est un peu moi, mais c’est un peu vous aussi.

Woody Allen et la pluie, le confinement, l’intimité, le travail, la psychanalyse…

Je crois que la pluie rapproche les gens. Quand il pleut dans « september », les personnages se retrouvent soudain coincés à l’intérieur, entre eux. La pluie qui tombe dehors les rapproche, elles les contraint à partager une certaine intimité.

C’est dur de faire un film, mais travailler pour de bon, c’est pire !

Mes films sont une forme de psychanalyse, sauf que c’est moi qui suis payé, ce qui change tout !

Je ne veux pas atteindre l’immortalité grâce à mon oeuvre. Je veux atteindre l’immortalité en ne mourant pas.

La Lubitsch touch selon Lubitsch.

C’est le roi que l’on découvre, non sur son trône, mais dans sa chambre avec ses bretelles qui tombent, c’est le gondolier qui, au clair de lune, à Venise, transporte des ordures dans sa gondole et chante, bien sûr, un refrain romantique. Ma théorie de base, c’est que l’être humain le plus digne est ridicule au moins 2 fois par jour 

Claude Lelouch et l’imagination.

Les gens ne savent pas rêver ! Enormément de gens ne savent pas acheter une maison, ils n’imaginent pas, devant une maison délabrée, ce qu’ils peuvent en faire. Alors, un autre passe et achète la maison. ET ensuite, le premier se demande pourquoi il n’a pas acheté la maison. C’est pareil au cinéma. 

Récit par Hitchcock de sa demande en mariage à Alma Reville. La « scène » se passe sur un bateau les ramenant en Angleterre par gros temps (dans La face cachée d’un génie de Donald Spoto).

J’ai jugé qu’il valait mieux ne pas m’embarrasser de circonlocutions, car dans son état, elle aurait pu croire que je tentais de lui exposer le sujet d’un film. Pour tout réponse elle s’est bornée à hocher la tête en gémissant. Puis elle a roté. Ce fut une de mes plus belles scènes – un peu courte sur le dialogue, certes, mais admirablement orchestrée et très sobrement interprétée. 

Point de vue d’Hitchcock quant aux adaptations littéraires au cinéma (dans les dialogues Hitchcock/Truffaut ).

Connaissez-vous l’histoire des deux chèvres qui mangent la bobine d’un film adapté d’un livre ? L’une dit à l’autre « Je crois vraiment que je préfère le livre ».

René Clair sur la parole et le cinéma.

Ce qui est cinéma, c’est ce qui ne peut être raconté, mais allez donc faire comprendre cela à des gens déformés par trente siècles de bavardages.